Avertir le modérateur

09/12/2011

Cercle des lecteurs : "mes polars préférés..."

16153_Dictionnaire_des_litteratures_policieres.jpgQuais du polar fédère depuis plusieurs années un groupe de lecteurs de polar, occasionnels ou assidus, qui se réunissent une fois par mois, autour d'un auteur ou d'un thème.

La conversation ne s'arrête pas là, puisque chacun est également invité à faire part de ses dernières lectures, de ses coups de coeur ou de ses coups de gueule !

 

Pour ce dernier rendez-vous de l'année, pas de thème particulier, mais un échange plus large autour des préférences des participants, des lectures qui les ont marqués, récentes ou non, et de leur rapport au polar, et au roman noir et policier... En cette période de fêtes, idées cadeaux en perspective !

Mercredi 21 décembre à 19h
Bistrot Librairie Polar Les Vengeances Tardives
76, cours Gambetta
69007 Lyon
Métro Garibaldi ou Saxe-Gambetta

Accrocs au polar ou néophytes, tout le monde est le bienvenu pour ces discussions ouvertes autour d'un verre !

30/11/2011

DE PASSAGE A PARIS

Finitude publie un recueil de textes et d'entretiens d'Alfred Eibel, exclusivement consacré à la littérature américaine.

alfred eibel, polar, de passage à paris, finitudeLe problème avec ce genre d'ouvrage est qu'il contient plusieurs références par pages, et que l'on n'a qu'une envie, c'est de se jeter sur les livres correspondants pour les lire ou relire.

Alfred Eibel est un formidable passeur et sa vie est un roman. Né à Vienne, il quitte l'Autriche très jeune pour fuir le nazisme et rejoindre la Belgique et la Suisse.

Passionné de littérature et de polar, cinéphile, ami de Fritz Lang, il crée en 1974 «Alfred Eibel, éditeur». Il publie des textes de Georges Perros, Jean-Pierre Martinet, Léo Malet, Kenneth White ou Fernando Pessoa.

Au début des années 80, après avoir édité une quarantaine d’ouvrages, il jette l’éponge et entre chez Flammarion pour diriger la collection «Aspects de l’Asie».

Critique littéraire, il collabore à de très nombreux journaux (le Quotidien de Paris, les Nouvelles littéraires, les Lettres Françaises, le Figaro...), magazines (Magazine littéraire, Valeurs actuelles...) ou revues (Matulu, la Revue littéraire...) et Polar, la revue spécialisée des éditions Rivages dont sont extraits beaucoup de textes de De passage à Paris.

Dans ce recueil on retrouve treize entretiens ou rencontres avec des maîtres de la littérature américaine.

Le polar n'est pas le seul genre abordé : on croise Kenneth White, Toni Morrison, Jim Harrison qui cite Abraham Polonsky contre le mythe de l'Ouest, et Russell Banks qui parle de narration oblique. Paul Auster est aussi interviewé et évoque lui longuement le roman noir, son goût pour John Ross MacDonald et Charles Willford, ainsi que pour Walter Mosley (que nous recevrons à QdP 2012).

alfred eibel,polar,de passage à paris,finitudeAlfred Eibel rend un hommage fort et émouvant à Robin Cook, selon lui héritier de Defoe, qui définissait le roman noir comme « l'humanité poussé à la folie dans un bar ou dans le noir ». Sa rencontre avec James Grady est l'occasion d'évoquer l'adaptation des Trois jours du Condor et de rendre un hommage appuyé à Dos Passos.

Robert Ludlum parle de l'Amérique, du monde de l'espionnage, de l'importance de la défense de environnement et du projet d'adaptation cinématographique de la série Jason Bourne, que sa disparition prématurée ne lui permettra pas de découvrir.

On retrouve aussi dans ce recueil la voix du regretté Edward Bunker « le bien nommé » et de Jim Nisbet. Iceberg Slim, auteur de l'unique Pimp, Lawrence Block, qui cite lui aussi Walter Mosley parmi ses préférences, et enfin Michael Connely, invité d'honneur de QdP 2012, complètent cette plaisante et stimulante galerie d'auteurs.

La qualité du contenu s'accompagne, comme toujours chez Finitude, de celle de la forme : l'objet est beau, imprimé sur papier d'excellente qualité, avec une typographie agréable, une couverture et des rabats élégants. Finitude ne mégote pas sur le plaisir du lecteur !

 

Alfred Eibel. De passage à Paris. Finitude. 2011. 13,50 €

16/11/2011

LENNOX de CRAIG RUSSELL

Nous recevrons à QdP 2012 trois auteurs de la collection « Robert Pépin présente » (Calmann-Lévy) : Michael Connely, Lee Child et CJ Box. Retour sur un titre paru en avril dernier, Lennox de Craig Russell.

9782702142035.jpgLennox est un détective privé d'origine canadienne étabit à Glasgow. Nous sommes en 1953 : le rationnement est encore en place sur certaines denrées et les personnages, particulièrement le héros, sont marqués par leur participation à la Seconde Guerre mondiale.

Le roman s'ouvre sur la scène finale, digne d'un film noir, puis reprend quelques semaines auparavant : Lennox, narrateur, se retrouve malgré lui mêlé à l'assassinat d'un truand. Le « Milieu » est dominé par « trois rois », trois mafieux respectivement catholique, protestant et juif qui se partagent la domination de la ville et veillent à ce que la concurrence reste limitée. Ils se doivent d'éclaircir ce crime...

Lennox est un modèle de reconstitution historique, digne du travail de James Ellroy sur le Los Angeles des années 50 et aussi un hommage à l'âge d'or du roman noir. On retrouve tous les ingrédients à l'origine de la réussite du genre : la figure du privé, bien sûr, dans la lignée de Philip Marlowe et des détectives solitaires emblématiques du roman hard boiled. Mais aussi la critique sociale avec la ville représentée comme le lieu de toutes les corruptions : invulnérabilité de la haute pègre, flics achetés, pornographie, prostitution, racket, chantage, tueur à gages, torture, femme fatale, trafic d'armes...

A ces élements classiques s'ajoutent un élément historique, conséquence du second conflit mondial, essentiel à l'intrigue : le conflit entre Israël et les populations arabes.

Les traumatismes de la Guerre trouvent aussi leur prolongement dans la violence du héros qui ne parvient pas à échapper à cet étau urbain et rêve d'un retour à sa vie d'avant-guerre. La finesse narrative et psychologique est mise au service d'une vision tragique de l'existence selon laquelle les personnages cherchent en vain à échapper à leur condition.

Autre constante du roman noir, le lecteur assiste à la descente aux enfers du héros (ou anti-héros), véritable punhing ball de l'auteur, malmené physiquement tout au long du roman. Ce personnage violent, détective privé mais mercenaire plutôt que justicier, odieux avec les femmes, représente en quelque sorte l'envers du mythe, où sa dégradation par l'expérience guerrière et la noirceur du monde.

L'auteur excelle enfin à peindre Glasgow l'industrielle, son climat, son organisation géographique et sociale, son architecture, ainsi que les rivalités religieuses, la compétition avec Edimbourg et la haine, exprimée parfois avec humour, du voisin Anglais.

Lennox, premier roman « écossais » de l'auteur, fait de Craig Russell le digne successeur du pionnier William McIlvanney. Le second volume de la série, Le Baiser de Glasgow, paraîtra en février prochain.

Lennox, Craig Russell, Calmann-Lévy, 20,50 €

04/11/2011

SAMUEL FULLER

Les Éditions Allia publient les mémoires de Samuel Fuller, parues pour la première fois à New York en 2002. Un troisième visage est un grand livre de cinéma, une traversée du 20e siècle, mais aussi l'autoportrait d'un homme remarquable, cinéaste libre, auteur prolifique et créateur audacieux.


fuller.jpgCinéaste absolu selon Eddie Muller, Samuel Fuller a révolutionné Hollywood par son style unique et marqué l'histoire du film noir avec Le Port de la drogue, La Maison de bambou, Shock Corridor et Police spéciale.
Avec une rare liberté de ton et un grand sens du récit, Samuel Fuller nous embarque dans l'épopée d'un Américain exemplaire.

 

 

Fils d'immigrés juif polonais, Sam Fuller est dès son plus jeune âge fasciné par la presse et les journaux. Vendeur de rue puis cow-boy, il devient rapidement reporter spécialisé dans le fait-divers. Il décrit admirablement l'Amérique des années trente et l'atmosphère sociale et politique. On découvre la ferveur du milieu journalistique et Hearst, personnage à l'origine du Kane d'Orson Welles. Traumatisé par sa première exécution capitale, il assiste aussi à des rassemblements du KKK, à l'agitation fascisante, enquête sur la mort prématurée de l'actrice Jeanne Eagels et rencontre Al Capone dont émane un « mélange de charme et de menace ». Spectateur engagé, il hésite un instant à s'enrôler dans la Brigade Lincoln aux côtés des républicains espagnols.
Après la publication de quelques romans dans des collections de « Pulp », il rejoint Hollywood, où il travaille comme scénariste, non crédité la plupart du temps. Il rencontre alors les réalisateurs qu'il admire : Ford, Hawks, Capra, Walsh.

Lorsque l'Amérique rentre en guerre, il s'engage en souvenir de La Fayette et de l'aide française à la Guerre d'indépendance. Son récit de la guerre est extrêmement poignant. Rejetant la possibilité qu'une guerre soit civilisée, il décrit la peur, la mort, l'enfer du Débarquement avec les hurlements, le sang mélangé à l'eau de mer que boivent les GIs, les débris de corps sur la plage...
Dans une langue verte, il conspue les démagogues, les chantres de l'héroïsme, les patriotes. Une charge particulièrement violente est réservée à l'acteur Adolphe Manjou.
La dernière phase des combat en Allemagne est atroce : combattants tués par les tirs fratricides et le froid, face à face avec des soldats d'une dizaine d'années, et pour finir l'horreur du camp de Falkenau et la survie de fantômes parmi les corps en décomposition. Fuller filme « l'horrible spectacle », vingt minutes en 16 mm, son premier film.
Comme le prouveront ses nombreux films de guerre, il ne voit dans la guerre aucun héroïsme mais uniquement l'instinct de survie et condamne les représentations hollywoodiennes alors en vogue. Aucun soldat ne « donne sa vie », on lui prend...
Le traumatisme engendré par cette expérience de la Seconde Guerre Mondiale le hantera tout le reste de son existence. Il mettra en scène beaucoup de ses souvenirs dans The Big Red One. Dans plusieurs de ses films, un personnage se nomme Griff, hommage à l'un des ses camarades de combat, privé de ses membres après l'explosion d'une mine.

Après l'abandon d'un projet qui lui permit toutefois de travailler avec Fritz Lang, il réalise son premier long-métrage, J'ai tué Jesse James, salué par la critique. Il enchaîne avec le succès de J'ai vécu l'enfer en Corée, et se taille, tout comme son complice Richard Brooks, une solide réputation de novateur. Comme pour le Le Port de la drogue un grand film noir, Fuller est accusé de communisme par les uns, d'anti-communisme par les autres, dans un climat de guerre froide et de chasse aux sorcières.
Attaché avant tout à sa liberté, Fuller poursuit une carrière fructueuse, épaulé par son fidèle producteur, Darryl Zanuck. Il signe La Maison de bambou, un polar magnifique visuellement et fondamentalement novateur.
Le Jugement des flèches et Quarante tueurs westerns d'un nouveau genre, China Gate avec Nat King Cole, Les Bas-fond new-yorkais dont le personnage est inspiré de Jean Genet, Les Maraudeurs attaquent, ode à l'infanterie : Fuller revient en détail sur le tournage de ces grands films.
Puis c'est le chef-d'oeuvre Shock Corridor, suivi de Police Spéciale, un splendide portrait de femme.

Les temps ont changé et commence alors une carrière de réalisateur indépendant beaucoup plus incertaine. Un séjour à Paris pour un projet de film avorté lui permet de rencontrer Henri Langlois, Luc Moullet, Jean-Luc Godard, ainsi que sa seconde épouse, Christa Lang.
Le récit des ses amitiés avec Peter Bogdanovitch, Curtis Hanson, Budd Boetticher, Jim Morrison, François Truffaut ou John Ford, de ses rencontres avec Luis Bunuel, Agnès Varda, Jacques Demy, Fassbinder, Henry Miller est passionnant et savoureux. Fuller est particulièrement fier de l'influence qu'il a exercée sur de nombreux cinéastes qui fait de lui un « réalisateur de réalisateurs ».
La fin des années 60 et le début des années 70 est une période particulièrement délicate pour le cinéaste, empêché de travailler et affecté par les disparitions de Sharon Tate, Gia Scala et Jim Morrison.
Ses projets de mise en scène n'aboutissant pas, Fuller accepte de tourner sous la direction de Dennis Hopper et Wim Wenders, avec lesquels il s'entend à merveille.

Grâce à Peter Bogdanovitch, The Big Red One se concrétise enfin. Le montage final lui échappe, mais il reste fier d'avoir mené à bien ce projet très personnel.
Si son dernier film, une adaptation d'un roman de Goodis produit par Jacques Bral ne le satisfait pas, les dernières années de sa vie sont encore marquées par de nombreuses et belles rencontres : les frères Kaurismaki, Pierre William Glenn, Jonathan Demme, Amos Gitai, Martin Scorsese, Tim Robbins, Quentin Tarantino. James Ellroy, fan de ses films, l'affuble du surnom, qu'il apprécie beaucoup, d' « enculé de vieux croûton ».

« Certains disent que si l'on n'aime pas les Rolling Stones, on n'aime pas le rock'n roll. De la même façon, je crois que si l'on n'aime pas les films de Sam Fuller, on n'aime pas le cinéma.» affirme Martin Scorsese dans sa préface. Grand cinéaste, Samuel Fuller est aussi un grand conteur comme le prouvent ses mémoires, récit passionnant et sincère d'un créateur, témoin et acteur de son temps, écrit sous le signe de la liberté, de la franchise, de l'amitié et de l'amour.

Un troisième visage. Récit de ma vie d'écrivain, de combattant et de réalisateur de Samuel Fuller. Allia 2011.

Sont disponibles en DVD, Les Maraudeurs attaquent, Au delà de la gloire, Baillonette au canon et J'ai vécu l'enfer en Corée, ses quatre grands films de guerre. Côté polar, on trouve là aussi tous les meilleurs titres : Shock Coridor, Le Port de la drogue, The Naked Kiss, La Maison de bambou. Deux raretés, Ordres secrets aux espions nazis et Le Démon des eaux troubles, agréable série B en huis-clos sous-marin. Shark et Sans espoir de retour sont deux films qui ne correspondent que peu à la volonté du réalisateur. Quarante tueurs, son plus grand western, est également disponible.

24/05/2011

CHABROL PAR LUI-MÊME ET PAR LES SIENS

michelpascal.jpgOn croyait tout savoir sur Claude Chabrol et son œuvre grâce aux nombreuses interviews qu'il a accordé, à son autobiographie Et pourtant je tourne, et aux nombreux ouvrages qui lui ont été consacrés, dont les indispensables Claude Chabrol par Joël Magny, et Un jardin bien à moi, un livre d'entretien avec François Guérif.

Et bien non, on ne savait pas tout, et le projet de Michel Pascal mérite une attention particulière. Co-écrit avec Claude Chabrol en 2010, interrompu par sa disparition brutale, l'ouvrage est complété par des contributions (drôles et/ou poignantes) de ses proches, épouses et enfants.

Ces circonstances confèrent au livre un caractère particulièrement émouvant, renforcé par le sentiment que le cinéaste parle de lui-même et de son œuvre comme il ne l'avait jamais fait auparavant.

Le prologue mériterait d'être cité intégralement tant l'autoportrait de l'homme et du cinéaste semble juste : « Ce que je sais, c'est que j'ai eu assez tôt, et l'ambition d'avoir une vie agréable, et la prétention imbécile mais tenace de faire une oeuvre. »

De son enfance et son passage par sciences-po (« J'ai jamais vu un tel ramassis de cons »), jusqu'au long état de béatitude des dernières années (« l'absence totale d'inquiétude et la satisfaction par rapport à mon travail »), Claude Chabrol évoque ses rapports au pouvoir, à l'argent, aux femmes, à la politique, à la nourriture, à la télévision, au cinéma, à l'Homme...

On découvre avec émotion un Chabrol inconnu, qui ne s'était jamais livré aussi intimement. Le plus intéressant est sans doute la justification de son mode de vie, l'évocation de ses blessures, et ses sources d'inspiration et modèles.

A ses maîtres cinématographiques, Fritz Lang (« le plus fort de tous ») et Jean Renoir (« La Règle du jeu, un film dans lequel il y a tout »), il ajoute Marcel Pagnol, cinéaste dont il se sent le plus proche et dont il admire la droiture et la fidélité à lui-même.

En littérature, ses modèles restent Corneille, Flaubert et Simenon, mais on comprend que son ambition est d'être le Balzac du XXe siècle. Et on peut dire que sur ce plan, il n'a pas démérité...

Il rend aussi un hommage appuyé à ses proches, sa famille, mais aussi à Rohmer et Truffaut, ainsi qu'à l'indispensable Paul Gegauff, dont le rôle a été déterminant dans son évolution personnelle. Une monographie consacrée à cet écrivain, scénariste (pour Chabrol, Rohmer ou René Clément) et réalisateur, héraut de la modernité cinématographique, reste à écrire. Il y a urgence, les témoins sont chaque jours moins nombreux.

On se désole à l'évocation de ses projets qui ne verrons jamais le jour : un film d'après L'Escalier de fer de Georges Simenon qui devait être tourné à Lyon, ainsi qu'un adaptation de Wang-Lun d'Alfred Döblin, un roman sur les origines de la révolution chinoise...

Contrairement à l'opinion communément admise, Chabrol aime son œuvre, mis à part quelques exceptions, comme La Décade prodigieuse ou Folies bourgeoises. Et il a bien raison...

Reste bien sûr des zones d'ombres sur lesquelles il ne s'est jamais exprimé, comme par exemple ses rapports avec Maurice Pialat, avec qui il a été très intime, mais ce livre éclaire sous un jour nouveau un homme et un créateur complexe et passionnant.

L'autoportrait interrompu est complété par des contributions de ses proches, ses épouses, ses enfants et Isabelle Huppert. L'ensemble est drôle, émouvant, passionnant.

Enfin, l'ouvrage est une invitation à découvrir ou redécouvrir une oeuvre, qui hélas, s'est arrêté au cinquante-septième film...

 

Claude Chabrol et Michel Pascal, Par lui même et par les siens, éditions Stock, 20 €

13/05/2011

Cercle des lecteurs Quais du Polar : Robin Cook

Quais du polar fédère depuis plusieurs années un groupe de lecteurs de polar, occasionnels ou assidus, qui se réunissent une fois par mois, autour d'un auteur ou d'un thème.

Accrocs au polar ou néophites, tous le monde est le bienvenu pour des discussions ouvertes autour d'un verre.
Le rendez-vous de rentrée sera consacré à l'oeuvre de l'écrivain anglais Robin Cook.

cook.jpgMercredi 25 mai à 19h
Bistrot Librairie Polar
Les Vengeances Tardives
76, cours Gambetta
69007 Lyon
Métro Garibaldi ou Saxe-Gambetta

Robin Cook (1931-1994), auteur anglais à ne pas confondre avec son homonyme américain spécialisé dans le thriller médical, est l'un auteur de romans noirs parmi les plus important du XXe siècle.
Issu dans milieu bourgeois, il rompt très jeune avec sa famille pour vivre « dans la dèche à Paris et à Londres ». Ils enchaîne ensuite divers petits boulots extrèmements variés, et s'installe dans l'Aveyron dans les années soixante-dix. Son autobiographie, Mémoire vive (Rivages) revient en détail sur son parcours.
Il débute par une série de romans noirs, politiques et sociaux, violente critique de la société anglaise, dont les plus remarquables sont Quelque chose de pourri au royaune d'Angleterre et La Rue obscène (Rivages).
La suite de son oeuvre, sa meilleure part selon nous, est consacrée aux enquête d'un sergent du service des morts inexpliquées. Ces quatres romans, On ne meurt que deux fois (Gallimard), Les Mois d'avril sont meurtriers (Gallimard), Comment vivent les morts (Gallimard) et J'étais Dora Suarez (Rivages), sont des chefs d'oeuvres dans lesquels une noirceur et une violence insoutenable cotoient une humanité et un romantisme bouleversant.
Les deux premiers, adaptés au cinéma sous le même titre, respectivement par Jacques Deray et Laurent Heynemann, ont donné naissance à deux films passionnants.
« Robin Cook est un écrivain d'exception. Son oeuvre, homogène, reste sans égale » Claude Mesplède.

Dans un second temps, chacun pourra faire part de ses lectures, de ses coups de coeur ou de ses coups de gueule.

 

12/05/2011

LEO MALET, MAUVAIS SUJET

Sorti l'an dernier,  Léo Malet mauvais sujet, Nestor Burma passe aux aveux, à mi-chemin de la biographie et de l'étude littéraire, se révèle indispensable.

Leo Malet.jpgCédric Pérolini livre une version abrégée de sa thèse consacrée à l'auteur des Mystères de Paris. Il explore l'existence d'un auteur qui mettra beaucoup de son expérience personnelle dans ses romans. L'autobiographie traverse en effet l'ensemble de son oeuvre.

La force du livre est de consacrer une large place à l'évolution politique de l'auteur, pour le moins énigmatique, et plus complexe qu'il n'y paraît au premier abord.

Sur le plan littéraire, Cédric Pérolini interroge la diversité de l'oeuvre, des premières poésies surréalistes aux romans noirs et populaires, et souligne son importance dans l'histoire de la littérature policière. Léo Malet joue ainsi un rôle fondamental dans l'acclimatation européenne du roman hard-boiled américain, et annonce le néo-polar des années 70.

Enfin, cet ouvrage analyse les postérités de l'oeuvre, à la fois à travers les multiples adapations cinématographiques, télévisuelles et dessinées dont elle a fait l'objet, et par l'influence qu'elle a exercée sur d'autres écrivains.

Cédric Pérolini, Léo Malet mauvais sujet, Nestor Burma passe aux aveux. Préface de Patrick Pécherot, avec un texte inédit de Léo Malet. Editions L'atinoir, collection « L'atineur », Marseille, novembre 2010, 305 p. 9,50 €

Extrait de la préface de Patrick Pécherot :

« « Malet précurseur ? Je veux ! Et de la plus belle manière, en dilettante, le nez au vent, au hasard des chemins, au petit bonheur. Ces mille façons que goûteront toujours les amoureux des rues et les enfants rêveurs d’écoles buissonnières. Dans le petit monde du polar nous sommes plus d’un à lui devoir beaucoup, même si la plupart l’ignorent ou le refusent. Jean-Patrick Manchette lui réservait « la part du lion », voyant en Malet le « seul et unique auteur français de roman noir à travers les années quarante, les années cinquante, les années soixante. » Jean-François Vilar raccordait en secret son passage Jouffroy à ceux du Caire et de Brady, pour nous conduire - cartographie mystérieuse - dans la boutique évocatrice d’un Maléo, à l’anagramme réfléchissant comme un objet miroir. Jusqu’à Jim Jarmush, hommage branché, programmant, dans Stranger than paradise, un énigmatique et référencé The sun is not for us à l’affiche d’un cinéma. »

31/03/2011

MAUVAIS GENRES

Maréenoire.jpgMauvais Genres, l'émission hebdomadaire de France Culture, délocalisé à Quais du Polar ce week-end.

Samedi soir, François Angelier a animé sa tribune critique des littératures noires, en direct et en public. Natalie Beunat, Christine Gomariz, Jean-Yves Bochet et Hervé Delouche sont revenus sur quelques parutions récentes :

Marée noire d'Attica Locke/Série Noire

Tijuana Straits de Kem Nunn/Sonatine

Requin d'eau douce de Heinrich Steinfest/Carnets du Nord

L'Homme qui aimait les chiens de Leonardo Padura/Métaillé

Les deux autres émissions de Mauvais Genres enregistrées à Lyon, l'une consacré à Megan Abbott, l'autre à Craig McDonald, seront diffusées ultérieurement.

Écouter l'émission sur le site de France Culture

30/03/2011

AVANT-PREMIERE DU FILM COUP D'ECLAT

Quais du Polar, en partenariat avec le Cinéma Pathé Bellecour, organise une projection en avant-première du film Coup d'éclat de José Alcala, en présence du réalisateur et de Catherine Frot.

Mardi 19 avril à 20h30
Cinéma Pathé Bellecour
79 rue de la République
69 002 Lyon
En présence de José Alcala et Catherine Frot

Coup d'éclat
(France, 2010, 1h32)
De José Alcala avec Catherine Frot, Karim Seghair, Marie Raynal, Liliane Rovère, Nicolas Giraud, Tcheky Karyo...

Fabienne Bourrier, capitaine de police à Sète, passe la majeure partie de son temps à traquer les sans-papiers. Sa routine est bouleversée par l'assassinat d'une jeune prostituée. La policière découvre que celle ci avait un fils, et décide de tout faire pour le retrouver...

Si José Alcala signe avec ce film une entrée remarquée dans le film policier, Catherine Frot est déjà une référence pour les amateurs du genre. Elle incarne une détective amateur dans deux comédies policières adaptées d'Agatha Christie par Pascal Thomas, Mon petit doigt m'a dit et Le Crime est notre affaire, et est inoubliable en terroriste repentie dans Cavale de Lucas Belvaux.

La projection sera suivie d'une discussion avec Catherine Frot et José Alcala.

Places en vente dès maintenant sur https://secure.cinemasgaumontpathe.com/index.php?do=reser...

29/11/2010

RENCONTRE AVEC ANTOINE DE CAUNES

de caunes.jpgAntoine de Caunes est l'invité de la librairie Decitre à l'occasion de la sortie de son Dictionnaire amoureux du rock chez Plon.

Surtout connu comme présentateur de télévision et critique rock, Antoine de Caunes entretient des liens très forts avec le genre noir. Il est l'auteur de deux romans policiers, C'est bon mais c'est chaud et C'est beau mais c'est triste, deux enquêtes du détective privé new-yorkais Sam Murchinson. Il a par ailleurs adapté au cinéma le roman de Tonino Benacquista, Les Morsures de l'aube. Acteur, on a pu le voir notamment dans le polar breton de Claude Chabrol Au coeur du mensonge. Et enfin, c'est un grand amateur de polar : Il évoque dans son dictionnaire Roger J. Ellory, invité de la prochaine édition du festival Quais du polar, et a fait l'éloge de son dernier livre, Les Anonymes, sur le plateau de la Grande Libairie.

Voici donc plein de bonnes raisons d'aller rencontrer Antoine de Caunes,

Vendredi 3 décembre à 17h30

Librairie Decitre Part-Dieu

Centre commercial de la Part-Dieu

69003 Lyon

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu