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10/03/2011

INVITES 2011 : DOMINIQUE MANOTTI / DOA

A l'occasion de la sortie (cette semaine) de L'Honorable société, roman écrit à quatre mains, Dominique Manotti et DOA seront les invités de QDP 2011.

l-honorable-societe.jpgHistorienne et auteur de romans noirs, Dominique Manotti poursuit une oeuvre de chroniqueuse des temps modernes, au moyen de fictions documentées à la perfection, véritables radiographies de notre société. Roman après roman, elle dénonce l'injustice fondamentale des rapports de force entre les faibles et les puissants.

Son talent à reproduire le réel n'est évidemment pas sans rappeler la démarche d'Ellroy, filiation qu'elle revendique. Dominique Manotti se distingue par son écriture rapide et efficace au service d'une ironie décapante.

Parmi ses romans, signalons Nos fantastiques années fric, sur le trafic d'armes et les réseaux des années Mitterrand, adapté au cinéma par Éric Valette sous le titre Une Affaire d'état (elle présentera ce film dimanche 27 mars à l'Institut Lumière), Le Corps noir, un tableau de la fuite des collaborateurs devant l'avancée alliée, ou encore Bien connu des services de police, roman relatant la vie quotidienne d'un commissariat de banlieue.

DOA, lauréat du Prix des lecteurs Quais du Polar, poursuit lui aussi une oeuvre singulière. Après des premiers romans marqués par son goût pour la littérature fantastique, il se tourne vers une littérature plus réaliste, interrogeant directement la société française contemporaine. Citoyens clandestins est une plongée passionnante, extrêmement documentée, au coeur des services secrets et des milieux terroristes. Le Serpent au mille coupures, au contraire du précédent, est un roman court, sec, nerveux, tout en tension. Ces deux titres sont parmi les plus originaux que le polar français nous ait offert ces dernières années.

L'Honorable société, à l'origine un scénario pour la télévision, est devenu un livre écrit à quatre mains, par deux auteurs qui malgré la différence de leur conception du monde, se retrouvent sur l'essentiel, la littérature.

L'Honorable société, un synonyme de mafia, recouvre ici le portrait d'une société française gangrenée par les petits arrangements entre amis, les polices parallèles et la corruption.

Alexandra Schwartzbrod loue dans Libération « un soin minutieux du détail qui fait de ce roman un remarquable travail d'enquête autant qu'un roman d'action ».

Autoportraits des auteurs pour Quais du Polar :

DOA

« Kurtz discourait. Une voix ! une voix ! Elle garda sa résonance profonde jusqu'au tout dernier moment. Elle survécut à sa force, pour dissimuler dans les plis magnifiques de l'éloquence les ténèbres stériles de son cœur. » Joseph Conrad, Au cœur des Ténèbres.

 

Un film : The Wire (Sur écoute) de David Simon.

Un livre : Hell's Angels de Hunter S. Thompson.

Un auteur : Salvatore Lombino.

 

DOMINIQUE MANOTTI

Les polars qui m'ont séduite ou inspirée: pourquoi en rester aux polars, et comment définir les limites du genre? Là encore, je déborde.

Un film: Le Guépard de Luchino Visconti. Vu et revu neuf fois, à chaque fois avec le même émerveillement, et la même fascination.

Un livre: Incontestablement L.A. Confidential de James Ellroy, et plus largement le Quatuor de Los Angeles dans son ensemble. Un livre qui a fait basculer la deuxième partie de ma vie.

Un auteur: Là, j'hésite. Karl Marx pour la fulgurance de ses analyses. Ou John Dos Passos, qui pour moi a "inventé" la littérature américaine du vingtième siècle.

 

L'Honorable société. Série Noire, Gallimard, 18 €.

09/03/2011

INVITE 2011 : S. J. PARRIS

Stephanie Merritt, journaliste anglaise, signe sous le nom de S. J. Parris un premier roman publié chez 10/18.

Prix de l'hérésie.jpgLe narrateur du Prix de l'hérésie est Giordano Bruno, philosophe napolitain du 17e siècle poursuivit par l'Inquisition. Réfugié à Oxford, il se retrouve en présence d'un cadavre mutilé, point de départ de troubles violents dans la ville universitaire. Les affrontements entre catholiques et anglicans, partisans de la Reine et défenseurs de Marie Stuart, hérétiques et défenseurs du dogme servent de toile de fond à ce roman historique.

Giordano Bruno, qui finira sur le bucher, est un personnage romanesque particulièrement fascinant, et S.J. Parris le fait revivre de manière tout à fait convaincante.

On retrouve dans ce roman le savoir-faire propre aux reines du crime anglaises, mais aussi un univers proche du Nom de la rose de Ecco, de La Reine Margot de Chéreau, ou encore de Religion de Tim Willocks.

Prophecy, son second roman, sera traduit prochainement.

Coups de cœur de S.J. Parris pour Quais du polar :

Un film : Usual Suspects de Bryan Singer.

Un livre : Le Nom de la Rose d’Umberto Eco.

Un auteur : PD James.

Le Prix de l'hérésie. S.J. Parris, 10/18, 19 €.

 

Pour en savoir plus, les ouvrages de Frances Yates sur Giordano Bruno sont recommandés, ainsi que Les Hérésies de Raoul Vaneigem (PUF, collection Que sais-je), une excellente synthèse du sujet.

 

04/03/2011

INVITE 2011 : GREG OLEAR

Greg Olear, auteur de Totally Killer, sera l'invité de Quais du Polar 2011.

gregolear.jpgL'an passé, les éditions Gallmeister nous avais fait découvrir Craig Johnson et son inoubliable Little Bird. Cette année, ils publient le premier polar de Greg Olear, dont est déjà annoncé le second titre, Fathermucker...

Taylor Smith, originaire du Missourri, débarque à New-York au début des années 90, pour trouver un emploi. Après plusieurs échecs, elle finit par trouve un job, mais s'aperçoit rapidement que le prix à payer risque d'être très élevé...

Comme dans Sunset Boulevard ou Assurance sur la mort, la condamnation de l'héroïne est connue dès le début du livre. L'intérêt ne réside donc pas dans le suspense, mais dans la présentation des rêves professionnels et amoureux d'une génération, et du désenchantement qui suit, inéductablement.

De nombreuses références musicales et cinématographiques, ainsi qu'un humour grinçant, rythment ce polar à la fois satire sociale, roman noir halletant et portrait générationnel.

Extrait :

"Une fois dans votre existence, si vous avez de la chance, vous rencontrez la femme de votre vie. Taylor Schmidt était de ce genre-là. Chez cette nana, les phéromones suintaient de partout. Elle était le sexe incarné. Et pas seulement pour moi. Tous ceux qui la rencontraient avaient envie de coucher avec elle. Tous ceux et toutes celles, pas seulement les mecs.

Avec le temps, c’était devenu un fardeau pour elle, comme si son incroyable sex-appeal était une difformité grotesque – un groin, un becde-lièvre, une tache de vin sur la joue. Elle s’en plaignait tout le temps. Sa situation faisait penser à un de ces mythes grecs qui se terminent de façon ironique : la fille n’est pas terrible, elle aimerait bien être très belle, elle devient si attirante qu’il lui est impossible d’avoir une relation non sexuelle avec qui que ce soit. Les hommes désirent son corps. Les femmes désirent son corps ou bien détestent la rivale qu’elles voient en elle, ou les deux. Elle est coincée. C’est la reine Midas, et son or, c’est le sexe.

Je m’embrouille un peu dans mes métaphores métalliques, mais vous voyez ce que je veux dire. Les mecs ne pensaient qu’à la tringler, c’est ça le point essentiel, et la plupart du temps, elle satisfaisait leur envie."

Greg Olear. Totally Killer. Gallmeister. 22,90 €

 

Autoportrait de Greg Olear pour Quais du polar :

Greg Olear est un espion, un golfeur amateur, un spéléologue, un champion de voile de la Coupe de l’America, un playboy millionaire, une star du porno, un acrobate de cirque, un sommelier, un coureur automobile de Formule 1, un pêcheur de marlin, et – j’ai failli oublier – un écrivain de romans complexes.

 Un film : Le Troisième homme de Carol Reed.

Un livre : Le Grand sommeil de Raymond Chandler.

Un auteur : Raymond Chandler.

03/03/2011

INVITE 2011 : LA REVUE 813

La revue 813 de l'association des amis de la littérature policière sera invitée de Quais du polar 2011.

813-109.jpgLe numéro 109 de 813, indispensable aux amateurs, vient de sortir. Le dossier central est consacré à Dashiell Hammett à l'occasion du cinquantenaire de sa disparition. Jean-François Merle présente l'intégrale de ses nouvelles qu'il vient d'éditer chez Omnibus, et François Guérif revient sur les péripéties de l'édition de ces oeuvres en France. Une évocation de Joe Gores par Natalie Beunat et un article sur le style Hammett complètent un dossier passionnant.

Au sommaire également, un portrait de Laurent Chalumeau, des entretiens avec Michael Simon et le grand Ron Rash, et Jean-Jacques Busino commente longuement sa discothèque idéale.

Enfin, outre des critiques, un hommage est rendu à Claude Chabrol par son ami François Guérif, avec notamment la publication du fac-similé de sa préface manuscrite pour Le Tonneau de Croft.

 

Samedi 26 mars à 17h30, Hervé Delouche, directeur de publication de 813, animera une table-ronde autour de Dashiell Hammett. Natalie Beunat, traductrice et spécialiste de Hammett, François Guérif, Michael Koryta et Claude Mesplède participeront à la rencontre.

 

Samedi 26 mars à 13h, Quais du Polar rendra hommage au père de Sam Spade à travers la lecture de Interrogatoires, texte regroupant les minutes des trois des procès que subit Dashiell Hammett pour ses sympathies communistes.

 

La revue 813 sera en vente pendant le festival. Vous pouvez aussi la commander sur le site de 813 : http://www.813.fr/

 

01/03/2011

COURTS DU POLAR

affiche-cdp-2011-final.jpgQuais du Polar 2011 débute dès le jeudi 10 mars avec la seconde édition du concours de courts métrage Courts du Polar :

 

Jeudi 10 Mars à 20h30

Cinéma Le Zola

117, cours Emile Zola

69 100 Villeurbanne

Projection des sept film retenus par le comité de sélection :

 

Vlotter de Allard Westenbrick – Pays-Bas

Freie Radikale de Steffen Heidenrech – Allemagne

La Passerelle de Juliette Soubrier – France

Storia di Nessuno de Manfredi Lucibello – Italie

Dinero Facil de Carlos Montero- Espagne (sous réserve)

L'Accordeur de Olivier Treiner – France

The Garbage de Magne Pettersen – Norvège

 

 

Le lauréat du Prix Courts du Polar 2011 sera désigné par un jury composé de :

 

Myriam Boyer, actrice et réalisatrice.

Laurent Bonzon, auteur de romans noirs

Marc Bonny, exploitant (Cinéma Comoedia) et distributeur (Gébéka Films)

Sandrine Dias, directrice du cinéma Le Zola

Juliette Boutin, coordinatrice du GRAC, Groupement Régional d'Actions Cinématographiques.

 

Le Prix sera remis le samedi 26 mars au Palais du Commerce.

 

16/02/2011

Rencontres avec Rachid Santaki

les_anges_s_habillent_en_caillera.jpgLes librairies Decitre et Vengeances Tardives accueillent Rachid Santaki pour son deuxième roman Les Anges s'habillent en caillera (Moisson Rouge).

Vendredi 18 février à 18h
Librairie Decitre Part-Dieu
Centre Commercial de la Part-Dieu
69003 Lyon

Samedi 19 février à 14h
Les Vengeances Tardives
Bistrot, Librairie, Polar
76, cours Gambetta
69 007 Lyon
09 81 16 04 52 / 04 78 58 04 52

La rencontre sera précédé de la projection d'un court documentaire.

Rachid Santaki, ancien éducateur sportif, passionné de boxe thaïlandaise, a créé le magazine 5styles, consacré aux cultures urbaines et a co-fondé les associations Saint Denis Positif et Syndikat, dans le but d'animer les envies de lire et d'écrire.

Les Anges s'habillent en caillera est son deuxième roman, après La Petite cité dans la prairie, mais aussi le 1e premier volet d'une "trilogie urbaine".
Il y est question de Saint Denis, ville-personnage, d'Ilyès "Le Marseillais", expert en vol de cartes bleues, de son incarcération à Villepinte, de flics-ripoux, de balances et de vengeances. Ce polar inspiré de faits réels et de trajectoires personnelles mêle témoignages et fiction. Il inaugure la collection Syndikat, proposée par l'éditeur Moisson Rouge, consacrée à la littérature urbaine contemporaine.

A écouter : Rachid Santaki invité de l'émission A plus d'un titre sur France-culture : http://www.franceculture.com/emission-a-plus-d-un-titre-l...

09/02/2011

INVITE 2011 : ARNI THORARINSSON

Thorarinsson.jpgArni Thorarinsson, l'autre grand du roman noir islandais, sera l'invité de la prochaine édition de Quais du polar.

Après Le Temps des sorcières et Le Dresseur d'insectes, les Editions Métailié publie le troisième roman de Arni Thorarinsson, Le Septième fils, dans la prestigieuse Bibliothèque Nordique.

On retrouve dans ce troisième opus le héros des deux précédents, Einar, journaliste au Journal du soir : narrateur attachant, désabusé et flegmatique, doté d'un sens de l'humour ravageur, il est entouré de personnages tout aussi réussis, que ce soit ses collègues ou la commissaire de police Alda Sif.

Comme son compatriote Indridason, il prend son temps, le rythme du récit est lent, et malgré cela, on ne s'ennuie jamais. Il se singularise toutefois par son goût pour la musique, perceptible aux nombreuses références dont il parsème son récit, ainsi que par une volonté de ne pas se limiter à l'exploration de la seule Reykjavík, mais de faire voyager son héros dans de petites villes de provinces.

La peinture de l'Islande, à la veille de la crise économique, si elle n'est guère réjouissante, n'en est pas moins passionnante. On explore un territoire et une société qui présentent la particularité de nous être à la fois exotiques et familiers, grâce à la littérature policière. Les spécificités d'une population insulaire, les peurs et névroses qui en découlent, les conséquences du rythme des saisons, les ravages de l'alcoolisme, sont autant d'élements particulièrement propices au roman noir tel que le pratique Thorarinsson.

Toutefois, au XXIe siècle, ce caractère insulaire s'atténue sous les coups de boutoir de la mondialisation. Comme le précise l'auteur, « ce n’est plus une société insulaire où chacun connaît ses voisins et fait attention à eux. Elle a tous les problèmes des sociétés plus grandes, juste à une plus petite échelle ». La langue elle-même doit résister aux assauts de l'anglais, et la littérature islandaise est de ce point de vue la forme de résistance la plus efficace...

Autoportrait de Arni Thorarinsson pour Quais du polar : « Après une carrière de journaliste professionnel où j'ai tenté de révéler les vérités et les mensonges de la société islandaise, j'ai finalement, en tant que qu'écrivain de romans noirs, approché plus près la réalité en créant mes propres vérités et mensonges. »

Un film: Chinatown de Roman Polanski.

Un livre : The Long Good-Bye de Raymond Chandler.

Un auteur: Ross Macdonald.

 

Arni Thorarinsson. Le Septième fils. Métailié. 21 €. Le Temps des sorcières et Le Dresseur d'insectes sont disponibles chez Metailié et en poche chez Point Seuil.

Entretien avec l'auteur sur Evene.fr : http://www.evene.fr/livres/actualite/interview-arni-thora...

08/02/2011

INVITE 2011 : ALAIN WAGNEUR

djoliba.jpgAlain Wagneur, auteur de polars et de romans pour la jeunesse, sera l'invité de Quais du polar 2011.

Dans Djoliba, fleuve de sang, son dernier roman, on retrouve Richard Zamanski, déjà au centre des deux précédents, Terminus plage et Hécatombe-les-Bains (Tous deux disponibles dans la collection Babel chez Actes Sud).

Richard Zamanski, placardisé dans le commissariat d'une station balnéaire de la côte Atlantique, Blainville (on reconnaît Royan), croise par hasard un de ses anciens enseignants. Ce dernier est retrouvé mort chez lui quelques jours plus tard. Le suicide semble la cause de la mort, mais un détail intrigue le commandant...

Avec une écriture influencée par les grands américains (Chandler, Hammett), Alain Wagneur met en scène la vie d'une ville de province, les relations franco-africaines (de l'humanitaire au scandale d'Etat), une affaire de pédophilie, ou encore des meurtres rituels.

De Paris à Bamako, le lecteur se trouve embarqué dans une intrigue riche et sordide dans lequel l'attachant personnage principal tente de surnager entre tueurs à gages, hiérarchie méfiante, humanitaires suspects et problèmes personnels.

 

Terminus plage, le premier volet de la série Zamanski, vient d'être adapté au cinéma par Pierre Lacan sous le titre Légitime Défense, avec Jean-Paul Rouve, Olivier Gourmet et Claude Brasseur. Sortie en salle le mercredi 16 mars 2011.

Autoportrait d'Alain Wagneur pour Quais du polar : « On disait de lui qu'il était né à la mi-temps du XXème siècle, qu'il avait été enseignant puis chef d'établissement. Il avait écrit une quinzaine de romans, des livres pour la jeunesse et des polars pour les adultes. En 2010 il avait publié Djoliba, fleuve de sang chez Actes sud et en 2011, un film réalisé d'après l'un de ses romans était sorti…

Un film : L'Ami américain de Wim Wenders

Un livre : Le Petit bleu de la côte ouest de J.P. Manchette

Un auteur : Pagan, Hugues Pagan… »

Outre la serie Zamanski éditée par Actes sud, les romans d'Alain Wagneur sont disponibles chez Baleine, Flammarion, en Série noire et aux Editions La Branche.

Ses écrits pour la jeunesse ont été édités essentiellement chez Gallimard, mais aussi à L'Ecole des loisirs et chez Hachette.

A lire, un entretien avec Alain Wagneur pour Le Courrier : http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&fil...

07/02/2011

INVITE 2011 : AKE EDWARDSON

Ake_EDWARDSON.jpgAke Edwardson, considéré comme le successeur de Henning Mankell, sera l'invité de Quais du polar 2011.

Per Wahloo et Maj Sjowall, couple d'auteurs mythique, ont véritablement fondé le polar suédois, avec une dizaine de romans, tous réédités chez Rivages (dont l'incontournable Les Terroristes). Leur œuvre, écrite entre les années soixante et soixante-dix, est une véritable dissection de la société suédoise.

Si l'explosion internationale est venue avec Millenium et Henning Mankell, Ake Edwardson est un auteur tout aussi populaire en Suède que ce dernier. Ses romans se vendent à des millions d'exemplaires et sont aujourd'hui traduits dans le monde entier.

Si son héros récurrent, Erik Winter, inspecteur de police à Göteborg, se singularise par un côté moins abîmé que son cousin Wallander, le tableau qu'il dresse de la Suède contemporaine n'en est pas moins impitoyable.

Les amateurs du genre retrouveront une géographie et un climat qui leur sont devenus familiers, des héros fragiles et une lenteur de l'intrigue qui font la spécificité du polar suédois.

Cette patience dans l'évolution du récit se double chez Edwardson d'une attention particulière à la description des décors et ambiances qui lui ont valu le surnom de Simenon du froid. Il multiplie aussi les notations sur les impressions et ressentis de ses personnages, et brille particulièrement par la qualité de ses dialogues.

Au total, comme chez ses confères, on découvre l'envers d'un pays (dont l'image dominante était jusqu'alors celle d'un paradis égalitaire et prospère économiquement) et les malaises d'une société révélés à travers une écriture incontestablement personnelle.

Avec Le Dernier hiver, ultime volet de la série Erik Winter, la police de Göteborg se retrouve confrontée à deux affaires similaires et troublantes, à seulement quelques jours d'intervalle. Un homme terrorisé signale la mort de sa compagne dans leur lit commun. Chacun des deux hommes, les principaux suspects, nie toutefois toute responsabilité dans les meurtres...

Les aventures de l'inspecteur puis commissaire Winter ont fait l'objet d'une adaptation télévisée encore inédite en France.

Autoportrait de Ake Edwardson pour Quais du polar : "Il y a quelques années, j’ai été nominé pour le Prix littéraire du Los Angeles Times et j’ai pris l’avion pour la cérémonie. Le lendemain, j’ai rencontré James Ellroy et il m’a demandé si j’avais gagné. J’ai dit « non » et il a dit « pourquoi ? ». J’ai ri et répondu quelque chose du genre « le loser est plus intéressant que le winner » et il a dit « bullshit ». De toute façon, personne ne veut écrire des romans sur des winners.

Un film: Chinatown de Roman Polanski.

Un livre : Le Grand nulle part de James Ellroy.

Un auteur : Jim Thompson."

Ake Edwardson. Le Dernier hiver. JC Lattès. 20,90 €.le-dernier-hiver.jpg

Les autres romans de Ake Edwardson sont tous disponibles chez Jean-Claude Lattès et en poche chez 10/18.

Entretien (en anglais) avec l'auteur sur Art et Literature :

http://artandliterature.wordpress.com/2010/11/01/intervie...

 

 

04/02/2011

TOURNEE REGIONALE DE TANGUY VIEL

VIEL HB 08 nb.JPGTanguy Viel, invité de l'édition 2010 de Quais du polar, sera présent à la Fête du livre de Bron et à l'Institut Lumière le week-end prochain.

Auteur phare des Editions de Minuit, Tanguy Viel entretient des liens forts avec le cinéma, et plus particulièrement le film noir. Son second roman, Cinéma, met en scène un narrateur obsédé par un seul film, Le Limier de Joseph Manckievitz (chaudement recommandé à ceux qui ne l'ont jamais vu, tant l'effet provoqué à la première vision est saisissant). L'Absolue perfection du crime et Insoupçonnable sont deux romans admirables, variations sur deux thèmes récurrents du cinéma et de la littérature noirs, le braquage et l'escroquerie familiale.

Enfin, Paris-Brest, roman familial, n'est pas sans évoquer l'unviers de Claude Chabrol. Pour donner le ton, les premières lignes du roman :

« Il paraît, après la guerre, tandis que Brest était en ruines, qu'un architecte audacieux proposa, tant qu'à reconstruire, que tous les habitants puisse voir la mer : on aurait construit la ville en hémicycle, augmenté la hauteur des immeubles, avancé la ville au rebord de ses plages,. En quelques sorte on aurait tout réinventé. On aurait tout réinventé, oui, s'il n'y avait eu quelques riches grincheux voulant récupérer leur bien, ou non, pas leur bien puisque la ville était en cendres, mais l'emplacement de leur bien. Alors, à Brest, comme à Lorient, comme à Saint-Nazaire, on n'a rien réinventé du tout, seulement empilé des pierres sur des ruines enfouies »

Tanguy Viel. Paris-Brest. Editions de Minuit. 2009.

 

Dans le cadre de La Fête du livre de Bron, qui fête cette année ses 25 ans, Tanguy Viel ira à la rencontre de lycéens le vendredi 11 février à 14h30, et en soirée, à 20h30 au Cinéma Les Alizés, présentera et commentera des extraits du Limier, film au centre de son roman Cinéma.

Il sera accompagné de la romancière et dramaturge Olivia Rosenthal qui présentera Les Larmes, un court-métrage dont elle a écrit le scénario, une évocation de sa fascination pour le film de Jacques Demy, Les Parapluies de Cherbourg.

Renseignements sur le site de la Fête du livre : http://www.fetedulivredebron.com/programme-2011/85-vendre...

Le lendemain, samedi 12 février à 16h30, dans le cadre de la rétrospective Alfred Hitchcock, Tanguy Viel sera l'invité de l’Institut Lumière.

 

A l'issue de la projection de Pas de printemps pour Marnie, un chef d'oeuvre avec Tippie Hedren et Sean Connery, il évoquera son lienMarnie.jpg avec l'oeuvre d'un de ses cinéastes préférés, Alfred Hitchcock.

Il signera ensuite son ouvrage Hitchcock, par exemple, plublié chez Naïve l'an passé.

 

Renseignements sur le site de l'Institut Lumière : http://www.institut-lumiere.org/

 
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