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30/11/2011

DE PASSAGE A PARIS

Finitude publie un recueil de textes et d'entretiens d'Alfred Eibel, exclusivement consacré à la littérature américaine.

alfred eibel, polar, de passage à paris, finitudeLe problème avec ce genre d'ouvrage est qu'il contient plusieurs références par pages, et que l'on n'a qu'une envie, c'est de se jeter sur les livres correspondants pour les lire ou relire.

Alfred Eibel est un formidable passeur et sa vie est un roman. Né à Vienne, il quitte l'Autriche très jeune pour fuir le nazisme et rejoindre la Belgique et la Suisse.

Passionné de littérature et de polar, cinéphile, ami de Fritz Lang, il crée en 1974 «Alfred Eibel, éditeur». Il publie des textes de Georges Perros, Jean-Pierre Martinet, Léo Malet, Kenneth White ou Fernando Pessoa.

Au début des années 80, après avoir édité une quarantaine d’ouvrages, il jette l’éponge et entre chez Flammarion pour diriger la collection «Aspects de l’Asie».

Critique littéraire, il collabore à de très nombreux journaux (le Quotidien de Paris, les Nouvelles littéraires, les Lettres Françaises, le Figaro...), magazines (Magazine littéraire, Valeurs actuelles...) ou revues (Matulu, la Revue littéraire...) et Polar, la revue spécialisée des éditions Rivages dont sont extraits beaucoup de textes de De passage à Paris.

Dans ce recueil on retrouve treize entretiens ou rencontres avec des maîtres de la littérature américaine.

Le polar n'est pas le seul genre abordé : on croise Kenneth White, Toni Morrison, Jim Harrison qui cite Abraham Polonsky contre le mythe de l'Ouest, et Russell Banks qui parle de narration oblique. Paul Auster est aussi interviewé et évoque lui longuement le roman noir, son goût pour John Ross MacDonald et Charles Willford, ainsi que pour Walter Mosley (que nous recevrons à QdP 2012).

alfred eibel,polar,de passage à paris,finitudeAlfred Eibel rend un hommage fort et émouvant à Robin Cook, selon lui héritier de Defoe, qui définissait le roman noir comme « l'humanité poussé à la folie dans un bar ou dans le noir ». Sa rencontre avec James Grady est l'occasion d'évoquer l'adaptation des Trois jours du Condor et de rendre un hommage appuyé à Dos Passos.

Robert Ludlum parle de l'Amérique, du monde de l'espionnage, de l'importance de la défense de environnement et du projet d'adaptation cinématographique de la série Jason Bourne, que sa disparition prématurée ne lui permettra pas de découvrir.

On retrouve aussi dans ce recueil la voix du regretté Edward Bunker « le bien nommé » et de Jim Nisbet. Iceberg Slim, auteur de l'unique Pimp, Lawrence Block, qui cite lui aussi Walter Mosley parmi ses préférences, et enfin Michael Connely, invité d'honneur de QdP 2012, complètent cette plaisante et stimulante galerie d'auteurs.

La qualité du contenu s'accompagne, comme toujours chez Finitude, de celle de la forme : l'objet est beau, imprimé sur papier d'excellente qualité, avec une typographie agréable, une couverture et des rabats élégants. Finitude ne mégote pas sur le plaisir du lecteur !

 

Alfred Eibel. De passage à Paris. Finitude. 2011. 13,50 €

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