Avertir le modérateur

05/05/2011

ANIMAL KINGDOM

Premier long-métrage de l'australien David Michôd, un réalisateur cinéphile remarqué pour ses courts-métrages, Animal Kingdom dresse le portrait d'une famille de malfrats australiens

Animal_kingdom_1.jpgEn cette printemps où les écrans sont envahis par les polars (du réaliste Coup d'éclat au spectaculaire Détective Dee, de l'incroyable La Proie à l'angoissant Il était une fois un meurtre), la palme de l'originalité revient sans conteste à Animal Kingdom, Prix du meilleur film étranger à Sundance en 2010.

Le générique, constitué d'images noir et blanc de caméras de vidéo-surveillance tournées pendant des braquages, annonce une atmosphère particulièrement angoissante.
La scène d'ouverture poursuit sur le même ton : un adolescent de 17 ans semble abruti devant une émission de téléréalité pendant que deux membres du SAMU tentent de réanimer sa mère victime d'une overdose d'héroïne. Orphelin, il est recueillit par sa grand-mère, et intégré à son clan de truands...

Le personnage central, qui semble plus perdu qu'il ne l'est réellement, va traverser le film hanté par une question centrale : « Comment trouver ma place ? ». Sa grand-mère, mère-louve, règne sur la tribu de ses fils délinquants, avec qui elle entretient des rapports extrêmement ambigus, à la frontière de l'inceste. Quelque chose est pourri dans ce royaume matriarcal...

Braquage, trafic de drogue, mais aussi spéculation boursière, assurent aux oncles de l'adolescent un train de vie confortable. Les interprètes incarnent à la perfection cette tribu aux pathologies allant jusqu'à la psychose, si bien que l'on se prend à regretter d'être privé de leur présence en cas de mort prématurée...

Les avocats véreux et les flics sont tous aussi inquiétants, et même celui joué par Guy Pearce, plutôt paternel et non corrompu, est lui aussi ambiguë.

Le scénario, habile, jamais prévisible, emporte le spectateur dans une tragédie digne des films de James Gray, en particulier de The Yards film avec lequel il partage l'omniprésence des tentacules familiales.

Autre référence, Animal Kingdom peut être vu comme un cousin du Parrain de Coppola, mais le portrait d'une famille de petites frappes se substitue à celui de l'élite de la pègre.

Le cadre est par ailleurs plus austral : le film est tourné sous un soleil de plomb, dans le bush, mais surtout à Melbourne, peu après l'incendie meurtrier qui a ravagé la ville.
Le portrait de la cité est saisissant : « Melbourne, une grosse ville, très cosmopolite, avec un centre décati datant du XIXe siècle entouré par une immense ceinture urbaine érigée au cours du XXe siècle. C'est à la fois la capitale de la culture et du crime en Australie. J'en aime tous les recoins étranges et malpropres et j'ai essayé de rendre cette impression à l'image » explique le cinéaste à Libération.

Un film noir, tendu, rugueux, à découvrir absolument !

Animal Kingdom
(Australie; 2010; 1h52)
De David Michôd avec James Frecheville, Guy Pearce, Ben Mendelsohn, Jacki Weaver...

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu