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25/10/2010

Cercle des lecteurs autour de la collection "Ceci n'est pas un fait divers"

chessex.jpgQuais du polar fédère depuis plusieurs années un groupe de lecteurs, occasionnels ou assidus, qui se réunit chaque dernier mercredi du mois, autour d'un auteur ou d'un thème.
Accros au polar ou néophytes, tout le monde est invité à participer à une discussion ouverte autour d'un verre.


Rencontre autour de la collection « Ceci n'est pas un fait divers » (Grasset)
Mercredi 27 octobre à 19h
Bar L'Oblik
26, rue Hippolyte Flandrin
69 001 Lyon
Renseignements : 04 78 30 18 98


Dans un second temps, chacun pourra faire part de ses lectures, de ses coups de coeur ou de ses coups de gueule.


Brève présentation de la collection « Ceci n'est pas un fait divers »

Le principe de la collection, créé en 2006 par Jérôme Beglé, peut se résumer ainsi : un auteur s'empare d'un fait-divers qui l'a marqué pour en faire une oeuvre littéraire. Si le format des volumes diffère, la forme reste la même : le livre à couverture jaune traditionnel des éditions Grasset recouvert d'une élégante jaquette blanche ornée d'une photo.
Un des mérites de cette collection est de mettre en valeur l'ambivalence de notre rapport au crime, entre fascination et répulsion, recherche de la distraction et exploration des abîmes de l'humanité...
Le fait-divers à l'origine de chacun de ces livres est relaté comme symptôme des tensions d'une société donnée, révélateur des malaises enfouis en son sein, que ce soit la France des années soixante ou soixante-dix, la Suisse rurale du début du siècle ou des années 40, ou encore le Vancouver contemporain.
Le fait-divers, déraillement individuel, doit donc être compris comme miroir de la société, ou encore comme précipité, au sens chimique du terme, des tensions sociales.
La démarche des différents auteurs s'apparente ainsi à celle d'Alain Corbin avec Le Village des cannibales, de Carlo Ginzburg, tenant de la micro-histoire, dans Le Fromage et les vers, ou encore à celle de Michel Foucault dans Moi, Pierre Rivière.
La différence est qu'ici rien n'est problématisé ni théorisé, que le roman prend le pas sur l'Histoire. Mais n'est ce pas cela le charme de la littérature ?


Focus sur quelques titres :


Le vampire de Ropraz de Jacques Chessex
Au début du XXe siècle, le cadavre d'une jeune fille décédée d'une méningite, est découvert profané et affreusement mutilé.
Chessex offre une description savoureuse de la campagne suisse : l'alcool, le froid, la neige, les secrets, l'inceste, tous les démons enfouis sous l'apparence de la carte postale. L'horreur des faits renvoie aux obsessions habituels de l'auteur, disparu en 2009 : la mort et le crime, le sacré et le sexe...
(Disponible aussi en livre de poche)


Un Juif pour l'exemple de Jacques Chessex
En 1942, les nazis d'opérette d'une petite ville de Suisse rurale trouvent une victime expiatoire et décident de passer à l'action.
Le nazisme ordinaire d'une petite localité rurale, peu montré habituellement, est décrit ici dans toute sa bêtise et petitesse. Les portraits des assassins, médiocres travaillé par la rancoeur, offre un contrepoint saisissant à la beauté des paysages.
(Disponible aussi en livre de poche)


Ils ont tués Pierre Overney de Morgan Sportès
Morgan Sportès revient sur l'assassinat du militant maoïste Pierre Overney par un vigile de la régie Renault à Billancourt.
Ouvrage un peu à part dans la collection en raison de caractère politique de l'affaire, il offre une vision très personnelle de mai 68 vu comme alliance objective des gauchistes et des libéraux contre le souverainisme gaulliste (face à l'OTAN) et le communisme du PCF. La description très hostile mais passionnante du maoïsme des années 70, de son implantation en milieu ouvrier, de la prévisibilité du drame qu'a été la mort d'Overney, s'appuie sur des témoignages précieux et inédits.


Les ballets roses de Benoit Duteurtre
A partir d'un scandale sexuel au sein du monde politique des années cinquante, Duteurtre, arrière petit fils de René Coty, interroge la société française à la veille de son basculement dans la modernité. Il analyse cette mutation ainsi que l'évolution de la perception de la pédophilie. Le récit du fait divers est entremêlé, un peu comme chez Emmanuel Carrère, à celui de la quête de l'auteur.


Aspen Terminus de Fabrice Gaignault
En 1976, Claudine Longuet, chanteuse envoutante de la fin des sixties, tue son amant champion de ski.
Les faits ne sont que peu explorés, mais sont prétexte à la description d'un moment historique éphémère, la cohabitation de la grande bourgeoisie, du show-biz, et de l'underground au sein de la station mythique d'Aspen. On croise une galerie de personnages fascinants : le chanteur Andy Williams, l'écrivain James Salter, le journaliste Hunter Thompson...

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Les disparues de Vancouver de Élise Fontenaille
Dans le quartier de Downtown eastside, soixante-neuf prostituées ont disparues. Élise Fontenaille enquête sur l'envers de la ville hôte des jeux olympiques de 2010.
La forme assez maniérée est assez déroutante au début, mais rapidement la force du récit épure l'écriture. La description d'un lumpen-prolétariat canadien, majoritairement indien, rongé par la prostitution, la drogue et la misère, mêlée au récit des militants et familles luttant contre l'oubli de ces victime, est très émouvante. La découverte de la vérité est une plongée dans l'horreur...

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