Avertir le modérateur

29/05/2009

Apollon Cardon

Le coin d’Apollon Cardon

 

Bande de fleurs de nave ! Pourquoi cette insulte gratuite me direz-vous ? Eh bien parce qu’elle évoque un des San Antonio de la grande époque, dans lequel, Béru, atteint d’une jaunisse pas possible est pris pour un Japonais au Japon, où il soulève le délire sur son passage. Car, comme vous le savez, Bé Rhu Rier en japonais, veut dire « Fleur de nave vinaigrette ».

J’ai moi-même été traité de « sang de nave » dans un roman fantastique d’Eric Boisset « Le grimoire d’Arkandias », en cours de tournage par Jean-Marie Poiré, je vous en causerai pi (3,1416) le moment venu.

Je vous entends râler d’ici : « Il va pas bientôt nous entretenir de polar, cet empaffé de Cardon ? ». Mes oreilles sifflent (je souffre d’acouphènes, et d’anosmie comme Harry Hoyle le flic bien aimé de Jo Nesbo).

Bon, alors, voilà, je viens d’achever avec beaucoup d’émotion « La femme en vert » d’Indridason, dont les éditeurs français n’ont toujours pas décidé du grade de son héros Erlendur Sveinsson. Ce n’est pas le dernier né des ouvrages d’Arnaldur,  mais c’est le dernier que j’ai lu. Je vous l’ai dit, votre détective public chéri ne donne pas dans la nouveauté, mais dans la fantaisie.

Cette « femme en vert » est un roman policier sans un coup de feu, et sans crime contemporain de l’action. Mais c’est un ouvrage à découvrir par ceux pour qui le polar se réduit à des courses en voiture, des énigmes tarabustées, des mandales dans la tronche, ou des injections de crack dans des quartiers délabrés.

Dans ce récit islandais, il y a une richesse humaine, une psychologie d’une grande finesse, une  remarquable construction narrative, de la tendresse, de la violence faite à une femme, de beaux portraits d’enfants, des échecs de vies, une enquête malgré tout, le passé que l’on ressort de terre avec quelques os, le souvenir de drames familiaux, et cette étrange silhouette tordue d’une femme vêtue de vert. Beau et émouvant, à éviter par les amateurs de téléfilm prime time et les accrocs aux profilers de psychopathes illustrés.               

 

Certains privilégiés, parmi vous, ont l’honneur d’être parfois consultés par votre cher Apollon pour découvrir des romans dézingués en tous genres. Or, il se trouve que ce sont souvent des polars. Donc, il y a l’américain Carl Hiaasen, dont j’avais aimé le « Cousu main », qui tricotait une affaire de chirurgien esthétique bidon, qui devrait inciter même les baleines à abandonner la pratique de la liposuccion.

Cette fois encore c’est un ancien titre de Hiaasen : « Jackpot », pas facile à trouver en plus, que je viens de dévorer.

Imaginez, si vous le pouvez, une superbe fille noire, romantique et folle de tortues, qui vit dans un patelin US bourré de dingos et d’escrocs mystiques. Comme la fille se nomme Chance, elle gagne une sacrée somme au loto. Au même moment deux abrutis racistes, misogynes et dénués de scrupules, gagnent l’autre partie du billet gagnant et décident de s’emparer de la moitié de mademoiselle Chance. Ca pourrait se terminer vite et mal, mais, Tom, journaliste dans un petit canard va faire un couac dans l’affaire. Belle galerie de portraits hauts en couleurs et bas de plafond, road movie, quiproquos, amour et crustacés, truffent ce récit qui vous fait faire le grand huit, raide morts de rire, vers un dénouement astucieux, moral et amoureux. Sans blague !

Votre merveilleux Apollon    

Commentaires

Dommage que vous le décrouvriez si tard car cette femme en vert est presque le meilleur de la série ... A mon sens aussi intéressant que les policiers de Mankell à ses débuts.

Écrit par : Stouph | 12/06/2009

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu