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12/03/2009

Invité mystère du salon

Le coin d’Apollon Cardon

 

A l’approche de Quais du polar, me revoici, vrai dieu de la note de lecture et authentique légumineux lyonnais. Dans ma première chronique, je vous ai confié mon amour du polar qui vient du froid (toujours relire John Le Carré), eh bien ce n’est pas exclusif. La preuve, si vous venez sur le marché du quai Saint Antoine, vous trouverez près du pont Bonaparte la caravane du senor Carlos, un chilien débarqué chez nous par la grâce de feu Pinochet. Carlos cuisine et vend des empanadas, ces merveilleux chaussons chiliens fourrés à la viande, mais c’est aussi lui qui m’a fait découvrir Roberto Ampuero, un auteur de polar chilien, et son « Rêveur de l’Atacama », un détective privé de tout : fauché, cubain, buveur de bière, essoufflé, sensuel, philosophe, et roublard. Sur fond de manipulations de produits chimiques dans une zone désertique, en compagnie d’une belle allemande, son héros – dont j’ai oublié le nom -  affiche cette humanité, cette légèreté de l’âme, qui manquent peut-être à Erlendur l’islandais ou Harry Hoyle, le norvégien imaginé par Jo Nesbo, dont je vous reparlerai bientôt.

Découvrez Ampuero chez 10/18, il y a une autre aventure du cubain, mais j’ai oublié le titre, tout comme le patronyme (genre Europe de l’Est) d’un autre auteur de polar chilien que m’a recommandé Carlos, mais que j’ai moins aimé que ses empanadas.   

Avant de vous laisser à vos nuits blanches, une petite anecdote. Votre Apollon a été animer une semaine du polar à Mayotte, collectivité territoriale française qui flotte entre Madagascar et la Tanzanie : le plus fort taux de reconduite à la frontière de la République française, lire sur le sujet « Droit du sol », la BD d’un médecin lyonnais, Charles Masson, qui sort cette semaine chez Casterman.

Je reviens à l’anecdote : petite série de films classiques : « L’inconnu du Nord Express », « Mort sur le Nil » avec l’autre andouille d’Hercule, et en final « Les diaboliques » de Clouzot, d’après « Celle qui n’était plus » de Boileau et Narcejac. Sacrément fort ce film, tourné en 1953 avec des noirs et blancs expressionnistes en diable, et un final… seulement voilà, au moment de projeter, le projectionniste a été emmené à l’hôpital. L’équipe de la bibliothèque publique de Mamoudzou a repris l’affaire en main jusqu’à … trois minutes de la fin et une coupure définitive avant  le deuxième coup de théâtre. Ils ont le sens du suspense là bas ! Je n’avais jamais vu le film et je refuse qu’on me raconte la fin. Dans mon prochain billet on reviendra en plein nord, mais juste avant un petit mot sur le film « Slumdog millionnaire » de Boyle, sans doute un bon film, mais dont la thématique policière (maffias indiennes, enfants mendiants mutilés, prostitution…) sacrifie trop à la violence par rapport à « Les fabuleuses aventures d’un indien malchanceux qui devint milliardaire » de l’écrivain indien Vikas Swarup, beaucoup plus léger et nettement plus drôle. Mais aussi, puisque je vous parle de cinéma, allez voir « Louise Michel » car il y a là dedans une méthode radicale à méditer par tous ceux que des entrepreneurs voyous et milliardaires  mettent au chômage depuis quelques temps.

Apollon Cardon

     

 

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