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04/03/2009

Le coin d’Apollon Cardon

Le coin d’Apollon Cardon


Amis de Quais du Polar, vous connaissez ce quart de dieu légumineux et snob d’Hercules Poirot, eh bien moi, Apollon Cardon, dieu de la note de lecture et authentique légumineux lyonnais, je vous salue. A partir de dorénavant vous allez connaître mes enthousiasmes, déceptions et souvenirs, car je ne fais pas forcément dans la nouveauté.


Ma dernière lecture, c’était avant hier dans un long voyage en avion : « La cité des jarres ». Je n’ai pas vu le film. Après « La voix », c’est mon deuxième Arnaldur Indridason, en point Poche au Seuil.


D’abord, il faudrait qu’ils se mettent d’accord chez l’éditeur car sur la couverture, Erlendur Sveinsson, la créature d’Arnaldur, est commissaire, et à l’intérieur du livre il n’est qu’inspecteur. Ensuite, on peut constater que la plupart des Islandais ont des prénoms en dur, ce qui est surtout justifié pour des flics comme Erlendur et son collaborateur Sigisdur, car les durs à cuire, ça vous rappelle ces bons vieux « hard boiled », les durs à cuir du polar américain d’après guerre.


C’est pas le tout, vous voulez peut-être en savoir un peu plus sur le roman ? Soyez un peu patients, car je voudrais auparavant revenir sur la personnalité d’Erlendur, qui est tout sauf une brute à gros bras. Il est attendrissant, avec de sacrés problèmes familiaux sur les bras, et cette façon étonnante pour un flic de se faire injurier par des témoins, voire de suspects, sans réagir, comme s’il ne représentait pas l‘autorité. Par d’autres côté, il est très classique : alcool, vêtements fatigués, vie à la dérive, vision du monde oscillant entre le cynisme et l’humanisme.
Quant à cette affaire, sachez qu’un vieil homme a été tué à coup de cendrier, son ordinateur est bourré de films pornos et ça sent mauvais dans son immeuble. Voilà comment ça commence, cette affaire de la cité des jarres, dont le titre renvoie à un lieu des plus étranges, mais pas celui qu’il peut évoquer.


Dans le passé de la victime, il y a de bien vilaines choses, et je pèse mes mots : une petite tombe dans un cimetière sous la pluie – il pleut pendant tout le livre – quelques photos pas nettes, un curieux disparu, une maladie génétique, des problèmes de filiation et de fils embrouillés entre des fils, des mères, des sœurs…


Erlendur et ses deux collaborateurs vont faire pas mal de kilomètres dans le froid et le brouillard pour démêler l’écheveau qui leur est proposé dans cette petite Islande, où normalement les crimes sont commis par des gens stupides. Mais ce n’est pas le cas ici, car le vrai crime, au sens moral, est moins l’assassinat du vieux pornographe qu’une abominable série de forfaits dont les mystères passent par la cité des jarres.
Apollon Cardon

Commentaires

Le titre d'exception d'Arnaldur Indridason, c'est "la Femme en vert". En plus de la découverte de l'Islande, de ses contes, de son histoire comme dans chacun de ses livres, on va découvrir le plus touchant plaidoyer contre de la violence conjugale: sans pathos, mais avec une grande empathie. Ca prend aux tripes. Personne ne peut rester indifférent à cette extrême violence, dans ce pays où, certaines années, il n'y a pas de meurtre. Livre rare. Et qui rend l'auteur encore plus "juste". Son dernier titre "Hiver arctique" traite du racisme en Islande, peinture toute en pointillisme. Erlendur, avec son drame personnel non dépassé, est un type attachant, tout gros nounours taciturne qu'il y paraît.

Écrit par : Marie-Christine Rethoret | 08/03/2009

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