Avertir le modérateur

01/07/2008

Info du monde

Hommage aux grands classiques du polar américain

 

LE MONDE | 28.06.08 | 14h14  •  Mis à jour le 28.06.08 | 14h14

 

 

Partager:

 

 

C'est une histoire ancienne, oubliée ou tout comme. Une affaire qui remonte à plus de soixante ans, dans le New York en noir et blanc des années de la pègre et des règlements de comptes : la jolie Peggy Baxter a été tuée par son mari, un membre notoire de la mafia locale. Même avec le temps, Jim, le policier chargé de l'affaire à l'époque, n'a jamais pu effacer totalement de sa mémoire les traces de cette douloureuse intrigue. Alors quand, soixante ans plus tard, un courrier perdu qui lui était destiné parvient finalement à son destinataire, les souvenirs du vieux Jim remontent par vagues à la surface.

 

 

C'est sur cette trame que William Karel, plus connu comme auteur de documentaires, a tricoté le très surprenant film Meurtres à l'Empire State Building diffusé sur Canal+ dimanche 29 juin.

 

Un polar bien noir dans les entrailles de la mégalopole américaine, construit presque exclusivement à partir d'extraits de grands classiques du genre. Pour cet exercice singulier, le réalisateur a visionné plus de 250 films noirs américains. Il a retenu les séquences de 53 d'entre eux, et s'est frotté aux multiples difficultés d'en obtenir les droits d'utilisation.

 

Une centaine de ces classiques sont tombés dans l'escarcelle de particuliers, comme Le Faucon maltais, auquel William Karel a dû renoncer. Beaucoup appartiennent à la Warner, qu'il a fallu contacter des dizaines de fois. Certains droits étaient exorbitants : pour quatre secondes de Bogart dans Casablanca, il en coûte 10 000 dollars (6 350 euros).

 

Les amateurs du genre pourront s'amuser à retrouver les titres des films dont sont tirés les extraits. On reconnaît Casablanca, donc, mais aussi King Kong, L'enfer est à lui ou encore Chantons sous la pluie. Mais le plus étonnant est là : passé les premiers instants de surprise, on finit par se prendre véritablement au jeu, et une autre histoire surgit de ce patchwork en noir et blanc. On en oublierait presque les séquences qui par définition ne sont pas raccord, ces acteurs qui rajeunissent au fil du temps, ces actrices qui changent de toilette d'un plan à l'autre. Ce n'est plus l'essentiel.

 

On suit l'intrigue bâtie à partir des intrigues, et l'on s'amuse beaucoup aussi à ce que le réalisateur lui-même a voulu tout à la fois comme "un hommage et une parodie" du film noir américain. Dire qu'au départ William Karel et Jerome Charyn, l'auteur new-yorkais de polars (entre autres) associé au scénario, devaient simplement réaliser un documentaire sur le célèbre building...

 

Meurtres à l'Empire State... se veut aussi et surtout un hommage aux acteurs et actrices de l'âge d'or d'Hollywood. William Karel a donc d'abord établi une liste de 150 comédiens et comédiennes emblématiques de ces années-là.

 

Une trentaine étaient encore en vie. Le réalisateur les a contactés pour leur expliquer son projet et leur demander de bien vouloir jouer les personnages de son film soixante ans plus tard - les extraits sont des flash-back. Kirk Douglas, Cyd Charisse, Mickey Rooney, Ben Gazzara entre autres ont dit oui. "Il fallait me pincer pour croire que je disais "moteur" à Kirk Douglas", s'enthousiasme le réalisateur.

 

Quant à Cyd Charisse, elle a écrit à William Karel peut-être sa dernière lettre. Elle y disait son impatience de voir le film terminé. Elle n'en aura pas eu le temps.

 


"Meurtres à l'Empire State Building", dimanche 29 juin, 20 h 50 Canal+

 

Olivier Zilbertin

 

Article paru dans l'édition du 29.06.08

 

 

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu