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21/05/2008

Assises Internationales du roman

Learning english

Rachid el- Daïf


ACTES SUD
«Sur la grand-place de Zghorta, samedi, peu après midi, monsieur Hamad E.D., soixante ans environ, a trouvé la mort à la suite d'une vengeance entre familles rivales.» C'est par le journal et par hasard, dans un café à Beyrouth, que le narrateur apprend la mort de son père. Quoi! Son paternel assassiné, et on ne l'a même pas prévenu! D'accord, Rachid Hamad n'habite plus depuis longtemps le bled. C'est un Libanais de son temps qui a fait des études à l'étranger et enseigne aujourd'hui à l'université. Divorcé serein, il fréquente une femme divorcée et n'a d'autre souci que de se mettre à la page et de maîtriser l'anglais. Il a même arrêté de fumer: «une attitude vraiment moderne». Mais de là à être tenu à l'écart des funérailles de son père!

Cette mort brutale et le silence familial qui s'ensuit remettent en cause sa tranquillité et ravivent les plaies anciennes. Car, des cadavres, il y en a non seulement sur la grand-place de Zghorta, mais aussi plein les placards. Au sens propre comme au sens figuré. Hamad père qui avait épousé une dame qu'il n'aimait pas était une sorte de caïd local qui spéculait, trafiquait, courait les femmes et liquidait ses rivaux. L'exercice apparemment narcissique d'autofiction évolue bientôt vers la douloureuse confession des rapports de haine qu'ont entretenus les parents d'un homme pris dans les rets de sentiments contradictoires. Les violences subies par sa mère, sa liaison clandestine et son amour véritable pour son amant de jeunesse, les soupçons de bâtardise qui planent sur lui... tant de choses qui ont façonné la personnalité du narrateur et, particulièrement, son utopie de la communication. Afin d'y parvenir, il apprend l'anglais, la langue internationale. Comme si la confusion des sentiments n'était due qu'à la confusion des langues.

Pour célébrer ses vingt ans, la Villa Gillet a créé avec Le Monde des Livres, en partenariat avec France Inter, les premières Assises Internationales du Roman en mai/juin 2007.

Cet événement devenu annuel, a rencontré un succès considérable.

Cette année encore, les Assises rassembleront, du lundi 26 mai eu dimanche 1er juin 2008, 80 écrivains et critiques littéraires de diverses nationalités.

La bibliothèque du 6e s’associe aux Assises du Roman et accueillera l’auteur libanais Rachid El-Daïf pour une rencontre privilégiée avec ses lecteurs. Un moment convivial où chacun pourra poser ses questions et réfléchir aux nouvelles formes du roman ainsi qu’à la puissance renouvelée de son langage.

Rachid El-Daïf, né au Liban en 1945, est professeur de langue et de littérature arabes à l'université de Beyrouth. D'abord tournée vers la poésie, son œuvre est depuis les années 1980 entièrement consacrée au roman. Très populaire dans le monde arabe, il s’agit d’une voix unique, fusionnant les traditions littéraires arabes et occidentales. Une voix excentrique, névrosée, troublant les lignes du temps, pour dépeindre les peurs de la psyché humaine. Dans son monde, les questions de victimisation, oppression, culpabilité, innocence, vérité et identité sont comme la roulette russe, des dilemmes complexes, à haut risque. Il utilise la guerre civile libanaise comme toile de fond pour découvrir la nature humaine.

Fais voir tes jambes, Leïla !, Actes sud, 2006. Qu'elle aille au diable, Meryl Streep !, Actes Sud, 2004 Learning English, Actes Sud, 2002 Cher monsieur Kawabata, Actes Sud, 1998 Passage au crépuscule, Actes Sud, 1992 L'Eté au tranchant de l'épée, Le Sycomore, 1979

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