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03/08/2007

coup de coeur

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Arthur et George

 

De Julian Barnes

 

 

Fils d'un pasteur parsi du Staffordshire, George Edalji grandit dans le presbytère de la paroisse de Great Wyrley et mène une vie sans éclat, sans histoire et sans amis. Après les bancs de l'école locale, il fréquente le Mason College, puis devient apprenti dans un cabinet d'avoués à Birmingham avant de passer brillamment l'examen d'avoué. Accusé d'être l'auteur de mutilations d'animaux perpétrées dans les champs avoisinant son village, il est arrêté, jugé sans la moindre preuve et condamné à six ans de prison.
D'ascendance irlandaise, Ecossais de naissance, instruit par des jésuites hollandais, Arthur est un jeune homme chevaleresque, sportif et passionné de spiritisme. Fasciné depuis son jeune âge par les histoires maternelles, il délaisse tout naturellement sa profession de médecin pour se consacrer à l'écriture et crée le personnage de Sherlock Holmes. Sa célébrité ne cesse de croître, c'est un personnage public et populaire qui devient une autorité dans d'autres domaines que la littérature et la médecine. Lorsque George sort de prison au bout de trois ans, il se tourne vers le père de Sherlock Holmes et lui demande de l'aider à prouver son innocence. Sir Arthur Conan Doyle se lance aussitôt dans la plus improbable de ses enquêtes...
Lettres authentiques, citations de journaux, rapports gouvernementaux, débats du Parlement, écrits de Sir Arthur Conan Doyle...Julian Barnes restitue méticuleusement les parcours de ses deux protagonistes et l'affaire qui les lie sans jamais se départir de sa verve coutumière. Il s'agit sans nul doute de son plus remarquable roman.

 

 

Mot de l'éditeur

 

" Arthur est en retard pour son rendez-vous avec George Edalji au Grand Hotel, Charing Cross ; des affaires à régler à sa banque l'ont retenu plus longtemps que prévu.
Il entre d'un pas vif dans le grand hall, et regarde autour de lui. Il n'est pas difficile de repérer celui qui l'attend : le seul homme au teint foncé est assis de profil à une douzaine de pas. Arthur est sur le point d'aller vers lui et de s'excuser de son retard, quand quelque chose le retient... " Ce quelque chose qu'a vu Arthur va être d'une importance capitale dans l'histoire de George, une histoire bien réelle qui s'est passée en Angleterre à la fin du XIXe siècle.
Arthur et George n'auraient jamais dû se rencontrer : origines très différentes, milieux très éloignés, études et caractères à des années-lumière les uns des autres. Et. pourtant... Victime d'une terrible erreur judiciaire, emprisonné plusieurs années, relâché sans explication et sans avoir été innocenté, George, fragile, effacé, maladroit - la victime idéale - va faire appel à Arthur, alors un des hommes les plus célèbres d'Angleterre : c'est en effet le créateur de Sherlock Holmes.
A partir de là... Extraordinaire tableau de la société victorienne, ce nouveau roman de Julian Barnes est aussi le plus haletant des thrillers.

Julian Barnes vit à Londres. Le perroquet de Flaubert, qui l'a rendu célèbre, a été traduit dans plus de quarante langues. Il est l'auteur de seize romans, d'essais et de recueils de nouvelles.

Extrait du livre :
George

George n'a pas de premier souvenir, et quand vient le moment où l'on suggère qu'il pourrait être normal d'en avoir un, c'est trop tard. Il n'a pas de souvenir précédant tous les autres - d'avoir été pris dans des bras, cajolé, taquiné ou puni ; il est conscient d'avoir été un enfant unique, et sait qu'il y a maintenant aussi Horace, mais il n'a pas le sentiment d'avoir été perturbé par l'arrivée d'un petit frère, chassé du paradis... Ni un premier souvenir visuel, ni une première odeur - que ce soit celle d'une mère parfumée ou d'une bonne à tout faire sentant le gros savon.
C'est un garçon timide et sérieux, particulièrement sensible aux attentes d'autrui. Il lui semble parfois qu'il déçoit ses parents : un bon fils devrait se souvenir d'avoir été choyé dès le début. Pourtant ses parents ne lui reprochent jamais cette déficience. Et alors que d'autres enfants pourraient combler cette lacune - pourraient insérer de force un visage aimant de mère ou le bras robuste d'un père dans leurs souvenirs -, George ne le fait pas. D'abord, il manque d'imagination. La question de savoir s'il n'en a jamais eu ou si son développement a été contrarié par quelque acte parental est pour une branche de la science psychologique qui n'a pas encore été conçue. George est tout à fait capable de comprendre les inventions des autres - l'histoire de l'arche de Noé, celle de David et Goliath, le voyage des Rois mages -, mais il ne peut guère inventer lui-même.
Il ne se sent pas coupable à ce sujet, puisque ses parents ne considèrent pas cela comme un défaut en lui. Quand ils disent qu'un enfant du village a «trop d'imagination», c'est manifes­tement un reproche. Encore moins recommandables sont les «conteurs de craques» et de «bobards» ; les pires étant de loin les «fieffés menteurs» - ceux-là doivent être évités à tout prix.

 

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